No 35 – Viret banni (janvier 1559)

 

Le conflit

Dans les années 1550, Pierre Viret est pasteur à Lausanne. Il entre en conflit avec les autorités bernoises à propos de la participation des fidèles à la sainte-cène.

Cette prérogative échappait en effet aux consistoires au grand dam des pasteurs qui rêvaient de pouvoir instaurer une véritable discipline ecclésiastique (voir 31).

Se sentant brimé dans sa fonction pastorale, Viret avait même menacé de donner sa démission en 1557.

A Noël 1557, le conflit s’envenime. Viret refuse de célébrer la cène à Noël s’il ne peut s’assurer de la justesse de la foi de ceux qui viendraient communier, et le cas échéant refuser d’admettre à la communion les personnes qui n’en étaient pas dignes.

Le déclic

A l’approche des fêtes de Noël 1558, Viret obtient le droit de faire comparaître les fidèles à la foi incertaine devant les consistoires pour les « admonester et les endoctriner », mais sans pouvoir les exclure de la cène pour autant. Prenant cette tâche à cœur, Viret décide de repousser la célébration de la cène de quelques jours, le temps de pouvoir l’accomplir soigneusement.

C’en est trop pour les autorités bernoises qui décident le 30 décembre de déposer Viret et deux de ses collègues de leurs fonctions pastorale.s Les autres pasteurs lausannois préfèrent encourir des sanctions plutôt que de leur nommer des successeurs.

Les conséquences

Au printemps 1559 Viret est finalement banni par Berne. En solidarité avec lui, 4 professeurs de l’Académie et 14 pasteurs le suivent à Genève, ainsi qu’un grand nombre d’étudiants et de fidèles : au total un millier de personnes émigrent alors de Lausanne à Genève, chiffe considérable pour l’époque.

Source: Michael W. Bruening: »Le premier champ de bataille du calvinisme » Editions Antipodes, 2011

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