No 42 – Révocation de l’Edit de Nantes (1685)

portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud, 1701, musée du Louvre
Source: https://commons.wikimedia.org/

 

Louis XIV révoque l’édit de tolérance religieuse

À partir de 1661, Louis XIV détruit pièce à pièce l’édit de Nantes, signé par Henri IV en 1598 (voir 39). Il interdit progressivement la plupart des professions aux protestants réformés et fait peu à peu démolir leurs temples. En octobre 1685, il ne reste plus qu’une vingtaine de temples réformés encore en service.
Terrorisés par les atrocités des dragonnades déclenchées à partir de mai 1681 (voir 41), les protestants se convertissent en masse. Des communiqués triomphants parviennent à la Cour : la France est presque entièrement catholique.

Aussi le 18 octobre 1685 Louis XIV signe l’édit de Fontainebleau qui révoque l’édit de Nantes. Il argumente cette décision en disant que puisque « la meilleure et la plus grande partie des sujets de la religion prétendue réformée (RPR) » se sont convertis à la religion catholique, l’édit de Nantes est devenu « inutile ».

L’exil ou la clandestinité

Cette révocation entraîne une répression accrue des protestants (condamnation à mort ou aux galères, conversion forcée…). Les pasteurs doivent se convertir ou quitter le royaume sous 15 jours. Les fidèles, tolérés en principe, seront le plus souvent persécutés jusqu’à leur abjuration. La Révocation suscite un vaste mouvement d’émigration. À l’intérieur du royaume, elle inaugure la période du Désert, c’est-à-dire de l’organisation clandestine des communautés réformées.

Pour ceux qui sont restés en France, sans temple, sans école et sans pasteur, le désarroi est grand. La religion structurait la vie quotidienne des protestants. Face à cet effondrement, certains interprètent ce drame à l’aide du livre de l’Apocalypse .

L’abjuration brutale et massive, sous la pression des dragons ou la menace d’enlever les enfants à leurs parents, a engendré surtout dans les territoires très protestants un profond sentiment de culpabilité collective.

Les protestants qui ne sont pas convertis de cœur adoptent une double conduite : pratiquer un minimum de catholicisme au dehors et rester fidèles à leur religion et en particulier à la lecture de la Bible et au chant des psaumes dans le secret de leurs maisons.

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