No 33 – Mort de Michel Servet (1553)

Portrait de Michel Servet par Christian Fritzsch, né en 1660,
Source: https://commons.wikimedia.org/

Sa vie

Né entre 1509 et 1511 à Villanueva, en Espagne, Michel Servet se trouve rapidement engagé au sein des polémiques confessionnelles qui secouent l’Europe. Il se passionne pour les questions religieuses et se trouve une âme de Réformateur. Mais ses idées vont le mener à être considéré en ennemi autant par les catholiques que par les protestants.

Ses écrits

Dans ses écrits, le théologien va s’attaquer à ce qui constitue le pilier de la foi chrétienne: le concept de Trinité. Servet – dans la foulée des Réformateurs – relit les Ecritures. Il s’attache à montrer qu’on ne trouve pas dans la Bible les fondements du dogme trinitaire. Pour lui, Dieu est unique.
Pendant vingt ans, il continue ses travaux scientifiques et publie des traités de médecine, d’astrologie et de géographie. En 1553, alors qu’il est réfugié à Vienne, près de Lyon, il fait imprimer clandestinement un nouvel ouvrage: Le Christianisme restitué, dans lequel il nie formellement la divinité du Christ.

Sa condamnation

C’est à cette époque que commence le face-à-face bien connu entre Michel Servet et Jean Calvin. Les deux théologiens avaient auparavant entretenu une correspondance dont il nous reste une trentaine de lettres. A la publication du Christianisme restitué, un proche de Calvin dénonce Michel Servet auprès de l’Inquisition (catholique) de Vienne et lui fournit des preuves. Michel Servet est arrêté. Il réussit à s’enfuir mais est condamné par contumace au bûcher et brûlé en effigie avec son livre. En août 1553, il passe par Genève. Il est reconnu et arrêté alors qu’il se rend à un prêche au temple de la Madeleine. Son crime? La «propagation d’hérésies» liées au rejet de la Trinité, de la divinité de Jésus et du baptême des enfants. Le Conseil (le gouvernement civil de Genève) lui intente un procès sur une plainte de Calvin. Sa condamnation à mort sera approuvée par la majorité des Eglises protestantes de Suisse.
En se montrant capables d’orthodoxie et de fermeté sur les dogmes centraux, les réformés cherchent à prouver la légitimité et la crédibilité de leur Eglise.

Réactions

La mort de Servet ne fut toutefois pas saluée par tous. Sébastien Castillon, par exemple, s’élève contre l’exécution: «Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme.»

En 1903, les autorités protestantes genevoises tenteront de le désamorcer, en manifestant leur repentance. Un monument expiatoire est alors érigé.

Source: http://www.lecourrier.ch/pourquoi_geneve_a_t_elle_brule_michel_servet

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