No 56 – Loi sur les catholiques (2 juin 1810)

Eglise Saint-Etienne et cure de l’église allemande à la Mercerie, estampe,
Source: Musée historique de Lausanne

 

La première messe depuis 1536

En octobre 1802, une messe est célébrée dans le chœur de la cathédrale, à la demande du Sénat helvétique installé très provisoirement à Lausanne. Cette même autorité fait pression pour que cette pratique se poursuive. La réponse des Vaudois est négative, mais une brèche s’est ouverte dans laquelle vont s’engouffrer, en 1806, l’ambassadeur de France et le nonce apostolique. Ils appuient une pétition qui demande la mise à disposition d’un local pour exercer le culte catholique. Des demandes similaires proviennent de Morges, de Nyon et d’Yverdon.

Des pressions françaises

Après de nouvelles pressions, dont celles de l’archevêque de Paris, oncle de Napoléon, le Grand Conseil adopte le 2 juin 1810 une loi qui établit le statut des catholiques. L’article premier précise que la célébration d’un culte est soumise à la permission du Conseil d’Etat. Notons également la teneur de l’article 6: «Le bâtiment du culte n’aura ni clocher, ni cloche…» Cet article ne sera abrogé qu’en 1878.

Cette loi ne va cependant rien résoudre. Car le canton se réserve le droit de nommer le ministre du culte. Ce qui est inacceptable pour l’évêque du diocèse, basé à Fribourg. Les choses suivent malgré tout leur cours. Le Conseil d’Etat achète l’ex-arsenal aménagé dans l’ancienne église Saint-Etienne à la Mercerie, à l’usage des cultes catholiques et protestants allemands. Dans un arrêté de 1812, on accorde ainsi la jouissance gratuite de la chapelle, à des heures fixes, et avec l’obligation de cacher les objets du culte une fois l’office terminé. Mais les catholiques refusent et célèbrent leur messe juste à côté, dans une maison privée.

Tout change, le jour de Pâques 1814. Après la défaite de Napoléon, une armée autrichienne traverse la Suisse et arrive à Lausanne. Et le 4 avril 1814, le général Juyer prie le Conseil d’Etat de mettre à disposition une église pour célébrer tous les jours «les saints mystères».

Le Conseil d’Etat ne peut pas refuser. La messe sera célébrée, chaque dimanche, en l’église Saint-Etienne. Et le 26 juin 1817, le gouvernement lâche encore du lest et écrit à l’évêque du diocèse. Il ne nommera pas un ministre du culte qui n’aurait pas reçu son autorisation. La loi entre alors de fait en application.

Sources: Eglise et vie catholique à Lausanne, du XIXe siècle à nos jours, Bernard Secrétan, Bibliothèque historique vaudoise, 2005.
Les catholiques, Philippe Gardaz, article tiré de textes consacrés à «Vaud sous l’acte de Médiation, 1803-1813, la naissance d’un canton confédéré», Bibliothèque historique vaudoise. (24 heures)

 

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