No 43 – Grand refuge huguenot (1680-1700)

Réfugiés huguenots
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L’accueil des réfugiés et ses difficultés

L’afflux des réfugiés suite à la révocation de l’édit de Nantes, massif dans le pays de Vaud, demande la participation des autorités locales et des habitants pour faire face aux besoins immédiats des déplacés. L’estimation du nombre de réfugiés qui passent par la Suisse est difficile à quantifier, les archives étant souvent incomplètes. Le nombre de ceux qui sortent de France par la Suisse est considérable : 140 000 à 160 000 entre 1680 et 1690.

On estime à 22 000 le nombre de ceux qui s’installent, le plus souvent – pour des raisons de langue – dans les cantons francophones. Les villes du pays de Vaud abritent durablement de fortes colonies huguenotes. En 1698, Lausanne compte 1 598 réfugiés sur 6 204 habitants (20%).

L’hébergement est assuré par les « logis publics », auberges (frais payés par les autorités) et hôpitaux, et également par les particuliers de manière volontaire – les refus sont rares – ou réquisitionnés en cas d’affluence massive. Les transports pour les plus faibles sont effectués en bateau et chariots, les convoyeurs étant en général défrayés. Le vaste réseau d’hôpitaux du Pays du Vaud est ouvert aux réfugiés : hébergement, nourriture, soins, « passade » : aumône distribuée par un pasteur qui permet au bénéficiaire de « passer » plus loin jusqu’à la prochaine localité où il pourra demander une nouvelle passade. Cet effort s’explique par le désir de faciliter l’acheminement des réfugiés d’une étape à l’autre et d’ainsi diminuer la durée du séjour dans les localités.

Un établissement durable, sinon définitif, ne concerne qu’une minorité, avant tout les personnes capables d’établir une activité économique.

Le point de saturation

En 1687, la ville de Lausanne est débordée par l’afflux de fugitifs et demande aux autorités de Berne de les diriger vers d’autres passages, malgré les risques encourus.
Pendant les dernières années du XVIIe siècle, le nombre d’arrivées fluctue en fonction de la situation politique. À la suite de son adhésion à la ligue d’Augsbourg le duc de Savoie rétablit le culte réformé et invite les Français à venir s’installer dans les vallées piémontaises. Mais en 1698, le duc, en application d’une clause d’exclusion conclue avec Louis XIV, chasse environ 2 800 réfugiés qui partiront pour l’Allemagne.

Source: http://www.museeprotestant.org/notice/le-refuge-huguenot-en-suisse/

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